Protection de l’enfance

On évoqué hier, le parquet de Lille a donc signé lundi un protocole de mobilisation renforcé contre les refuges de mineurs et la situation de prostitution pour les enfants. Hélène Bodard, notre invitée directrice des poles protection de l’enfance, accompagnement de la parentalité et prévention de l’association SOLFA.

Bonjour.

Comment vous accueillez ce dispositif Vous réclamez depuis longtemps cette mobilisation renforcée ?

En tout cas, sur l’a construit avec le parquet et le centre hospitalier de Lille puisque l’association SOLFA œuvre depuis maintenant à peu près 6 ans pour prendre en charge les enfants en situation de prostitution et au fur et à mesure de l’expérimentation, on s’est rendu compte qu’on avait besoin à la fois de la justice mais aussi des services de soin pour pouvoir prendre en charge efficacement et surtout rapidement ses enfants.

C’est quoi l’objectif :

C’est de les détecter, les repérer pour les mettre à l’abri. Alors, il ya déjà euh toutes les mesures de repérage, notamment de formation des professionnels qui travaillent autour des enfants. Donc, je pense à l’éducation nationale qui a aussi signé ce protocole, les services de la PJG on va aussi un protocole pour pouvoir intervenir au sein des au sein de leur institution de protection judiciaire de la jeunesse et puis forcément toutes les institutions qui qui gravitent autour de ces enfants, je pense aux missions locales, au CCAS et cetera. Donc l’idée c’est d’aller les repérer de plus en plus tôt pour ensuite les accompagner euh de plus en plus tôt aussi

C’est-à-dire que notre accueil de jour Tara en l’occurrence permet de manière inconditionnelle de d’accueillir ses enfants, d’accueillir les parents aussi qui ont repéré des conduites à risque sexuel pour leurs enfants et essayer en tout cas de les raccrocher. Sur la prostitution des mineurs, juste pour revenir, c’est 7 à 10000 enfants en France.

On a du mal en fait à avoir des chiffres assez clairs dans la région même on en a pas. il est compliqué oui en effet de les quantifier parce que sur les enfants visibles, c’est-à-dire les enfants notamment pris en charge par les sociales à l’enfance du département. Mais il ya aussi tous ces enfants qu’on ne connaît pas puisque nous on repère bien notamment au sein de nos institutions qu’on a ce qu’on appelle dans notre jargon les primaux, c’est-à-dire des enfants qui ne sont absolument pas connus des services sociaux et pour lesquels il y a des conduites à risque sexuel et de l’entrée dans la prostitution également. et on va les connaître par cette entrée-là.

Donc de ce fait-là, il est quand même très difficile de les quantifier dans Le Nord pas de calais; fait quand même partie de ces départements touchés. Il y a des enfants aujourd’hui je disent victimes de prostitution en tout cas, on a pu en partager lors de la signature du protocole

On a une quarantaine d’enfants qui sont connus des services de justice et aussi de services. Voilà parce qu’il y a une mesure derrière qui permet de les accompagner au niveau de la justice et au niveau pénal. On sait quand même à peu près quels âges ils ont.

Ces enfants, c’est des filles, c’est des garçons

Alors, majoritairement des filles, même s’il ya quelques garçons, elles sont entre elles ont entre 13 et 21 ans. Donc, c’est vrai qu’on a aussi quand même un rajunissement de ce public-là. Alors, on peut se dire que c’est grâce aussi au repérage puisqu’il y a de plus en plus de professionnels qui sont formés et de ce fait-là, sur les repères de plus en plus tôt. La plus jeune qu’on a pu accueillir avait 11 ans.

Ce sont des filles qui tombent dans la prostitution forcée par d’autres ou qui vont d’elles-mais finalement contraintes par leur situation précaire ?

Alors, je vous dis, on a toutes les enfants de toute classe sociale quand même, mais en tout cas, ce qu’on a pu repérer nous aujourd’hui pour de ces 6 ans d’expérience, euh c’est qu’elles ont toutes des troubles de l’attachement, c’est-à-dire qu’à un moment donné, elles vont s’accrocher à un pseudo petit copain Proxénet en tout cas qui va selon leur propos les aider, les protéger. En tout cas, La figure d’attachement, en fait, elle se transfère des parents jusqu’à cette personne tierce.

En tout cas, il y a eu des ruptures dans leur parcours d’attachement. le protocole de mobilisation. Donc je disais, puisque cette figure d’attachement se transfert des parents, elle vise aussi les parents pour communiquer, sensibiliser justement et peut-être déceler les premiers signes, les premiers indices. l’idée euh c’est aussi d’en parler au grand public parce que comme je le disais, ça touche toutes les classes sociales et tous les parents et tous les enfants de France.

Donc plus il ya une communication et plus les parents peuvent aussi repérer les premiers signaux et notamment le téléphone portable. Enfin voilà, on sait très bien qu’aujourd’hui tous les adolescents, voire les enfants ont des téléphones portables. Il est quand même indispensable de veiller à la prise en charge et à l’utilisation en tout cas du téléphone portable. Donc sur quelques parents qui nous appellent en disant « Bah, j’ai repéré dans le téléphone de4:344 minutes et 34 secondesma fille ou mon garçon des photos, des nus, des échanges, parfois il ya des petites fuguettes. » Voilà. Bah tout ça peut être des signes qui peuvent permettre de détecter assez rapidement. On sait aussi que la sexualité est un sujet qui reste compliqué pour les parents de pouvoir échanger avec leurs enfants. Donc nous on peut être là aussi pour pour épauler ses enfants, ses parents.

Ah, j’allais venir à l’association SOLFA concrètement en région, il y a quoi? Une plateforme d’écoute, un numéro de téléphone, un lieu d’accueil pour les parents, pour les familles

On a tout ça sur le département du Nord. En tout cas, pour tout ce qui est prise en charge des mineurs en situation de prostitution. Sur un des lieux qu’on appelle des lieux de seuil adapté qui sont plutôt à destination des enfants qui n’ont pas conscientisé leur prise de risque pour lequel il y a une mesure de protection. Donc, elles font encore des allers-retours sur le territoire d’ERRANCE et de prostitution, mais on les récupère selon quel que soit leur état de santé physique et psychique. a l’accueil GAïA qui est connu au niveau national, hein, puisque ça a été le premier établissement qui est dédié à la prise en charge de ces mineurs. là, on a plutôt affaire à des enfants qui ont conscientisé un minimum leur prise de risque et leur situation prostitutionnelle, qui ont envie d’en sortir et qui ont envie parfois d’êtreloin de leur territoire d’errance et de prostitution puisqu’on accueille des enfants du nord mais aussi de toute la France. Et ensuite, à l’accueil de jour Tara qui est plutôt à destination des filles et des garçons ayant un questionnement autour de leur sexualité, autour de leur errance, de leur prostitution où elles vont pouvoir ils vont pouvoir se poser, prendre une douche et nous l’idée c’est de pouvoir récupérer leur numéro de téléphone et créer une amorce relationnelle. Là, on peut recevoir aussi les parents et l’entourage, mais aussi aider les professionnels. Et depuis décembre, on a ouvert et c’est pour ça aussi le protocole est à vu jour une mise à l’abri d’urgence, c’est-à-dire que les enfants, en tout cas les jeunes filles peuvent venir dormir et se sentir en sécurité, être à l’abri effectivement après les avoir repéré, les protéger ces mineurs victimes avec des fugues d’enfants, de mineurs à risque, de risque de prostitution aussi.

C’est une réalité, elle est dure mais il faut la prendre en compte et la prémunir. Merci beaucoup Hélène Bodard, directrice des pôles protection de l’enfance, accompagnement de la parentalité et prévention de l’association Solf en région. Merci d’avoir été avec nous ce matin.

L’ACCUEIL GAÏA : Établissement unique en France pour les jeunes filles en situation de prostitution.

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27/04/2025

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